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VENDREDI 7 Aout 2026

  1.  
  2. L’accabadora

         ISBN : 979-10-978800-3-3

             Collection A6 V1

                 Numéro 22

    Attention

    Ce livre contient des scènes

    Qui peuvent choquer

    des âmes très jeunes

    ou des âmes sensibles

    Dans tous les pays du monde, les mœurs sont bien établies pour les animaux blessés et principalement les chevaux. Tout animal blessé est euthanasié d’une balle dans la tête. Même si maintenant dans certains pays plus développés que d’autres dans certains cas, on soigne l’animal.

    L’accabadora

    Avez-vous déjà entendu parler de l’Accabadora ?

    L’Accabadora, c’est une femme (une Sarde) toute de noir vêtu, qui est demandée par les proches (parents ou amis, voire le personnel hospitalier) pour abréger les souffrances d’un ou d’une qui est malade et qui souffre et qui est condamné définitivement, un ou une pour qui on ne sait plus rien faire.

    Dans les termes modernes, cela s’appelle l’euthanasie ! En ces années du début du vingt-et-unième siècle, le monde moderne arrive à l’idée de l’acceptation du concept.  Certains pays ont franchi l’hésitation. Mais pour l’instant, au regard de la loi, en France, c’est interdit, même si l’acharnement thérapeutique n’est plus de mise.

    À l’époque des « Accabadores », depuis le commencement des temps, je suppose, jusqu’aux années 70 en France et probablement ailleurs en Europe, et pourquoi pas, dans le monde entier, il devait exister des « Accabadores » partout, où au moins le principe ou l’idée. Car le problème des vieux devenus grabataires, cloués dans leur lit, incapables de faire face à leurs besoins biologiques, ainsi que les gens atteints de maladies incurables, existe partout dans le monde.

    L’Accabadora, c’est un secret, un vieux secret collectif que tout le monde détient mais dont personne ne parle. Comme une fonction innée, que l’on acquière en naissant. Impossible de se rappeler qui vous l’a dit, comment vous le savez, mais vous le savez ! Seules quelques personnes savent qui est l’Accabadora.

    Pour joindre l’Accabadora, il faut connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…etc…

    …..Quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît l’Accabadora. Ça parait compliqué et pourtant, ça marche. Personne ne sait combien il y a d’intermédiaires. Personne ne sait qui est l’Accabadora. Le bruit court que c’est une femme, mais rien n’est moins sûr.

    L’Accabadora, c’est un rôle réservé aux femmes seules, principalement des veuves qui ne touchent aucun argent en échange de leurs services. L’Accabadora fait ce qu’elle fait gratuitement sans aucune obligation de quoi que ce soit. L’action est considérée comme une des plus grandes bonnes actions récompensées par Dieu lui-même après la vie.

    La coutume veut que les proches de la personne décédée déposent des offrandes, des sacs de victuailles, contenant de la viande, des fruits et des légumes, forcément de saison et parfois même de l’argent, pendant un certain temps.

    Le soir, lorsque le village est endormi, une ombre vient emporter les sacs. Les offrandes sont déposées le plus souvent sur le parvis de l’église ou devant l’oratoire ou le calvaire à l’entrée du village, sous le toit du lavoir les jours de pluie ou carrément au pied de la fontaine, sur la place du marché.

    L’Accabadora est totalement vêtue de noir. On ne voit ni ses mains, ni ses pieds et encore moins son visage. Elle porte un masque et ne se déplace que la nuit. A cette occasion le moribond est laissé seul dans sa chambre, dans sa maison. Seules les portes qui permettent d’accéder à l’endroit où il gît sont laissées ouvertes. Toutes les autres portes sont fermées à clef y compris celles des maisons voisines.

     L’Accabadora est seule avec la personne moribonde.  Elle a un marteau en chêne ou en bois d’olivier, un morceau de grosse branche emmanchée par une branche plus fine par un emboîtement à queue d’aronde. Le marteau n’a aucune arrête et elle ne doit pas verser le sang. Pour cela elle frappe une ou plusieurs fois sur la poitrine à l’emplacement du cœur. Il peut lui arriver d’étouffer le moribond avec son oreiller.  Il lui arrive aussi de frapper avec son marteau des petits coups brefs à l’arrière du crâne pour provoquer une fracture sans ouvrir les chairs.

    À mon avis, des « Accabadore », il y en a partout dans le monde, dans les grandes villes qui baignent dans la lumière et dans les villages isolés dans la nuit des montagnes et des campagnes, elles s’appellent autrement selon les pays, les régions, mais elles existent et elles font les mêmes choses !

     

    L’histoire que je vais vous raconter commence avec la naissance de Marcel Bouniol le 10 juin 1919 dans un petit village dont j’ai oublié le nom, en pleine montagne dans la banlieue d’Aurillac.

    C’est un petit patelin de trois ou quatre cents habitants, quelques maisons, une église, une boulangerie, une fontaine sur la place du marché et un bistro.

    Marcel avait grandi dans ce village où il y a une école. C’est une simple maison où les garçons et les filles sont mélangés, du cours préparatoire jusqu’au certificat d’étude. Un maître d’école instruit tout ce petit monde dans une seule pièce, encombrée de tables d’écoliers dans l’odeur du papier, de l’encre et de la craie.

    La cour, un carré de terre battue accolé aux champs avoisinants où paissent selon les jours, des vaches, des moutons ou des chèvres, séparés par une simple clôture.

    Marcel était un bon élève et il eut son certificat d’études du premier coup en 1934. Il avait quinze ans. L’année où son père est mort à la suite d’une infection de la tuberculose attrapée dans les tranchées du côté de Verdun. Il toussait énormément, le village n’avait pas de médecin, mais celui d’Aurillac qu’il avait vu l’année dernière avait dit qu’on ne pouvait rien faire. Il crachait du sang. Un matin, il ne s’est pas réveillé.

    Marcel et sa mère se retrouvèrent seuls et sans ressources. Marcel devait aller travailler dans les champs des voisins pour gagner quelques sous qu’il donnait intégralement à sa mère qui était encore jeune et belle, mais qui était très fatiguée et qui toussait beaucoup.

    Dans ce petit patelin sans aucun avenir industriel ou commercial, l’endroit manquait sérieusement d’hommes jeunes et valides.

    Quand il eut seize ans en 1935, il remarqua que sa mère, parfois sortait la nuit.

    Il pensa immédiatement qu’elle avait un amant. Ce devait être quelqu’un de très important, car elle ne le voyait pas souvent. Il remarqua qu’aux lendemains de ses sorties nocturnes, elle semblait démoralisée et triste. Il pensa que l’homme était méchant et qu’il la maltraitait, aussi il décida de la suivre pour savoir qui était ce tortionnaire. Il se passa un bon mois avant qu’elle ne ressortît.

    Dans ce village à cette époque, il n’y avait aucun éclairage public et il fallait marcher dans une nuit d’encre noire.

    Ils allèrent ainsi en pleine nuit à pied à l’autre bout du village. Ils traversèrent la cour d’un corps de ferme, dérangeant au passage quelques canards et quelques oies, un vieux chien attaché signala leur passage par quelques aboiements passifs. La ferme était éteinte, pas le moindre feu du moindre lumignon. Le silence régnait en maître dans le noir de la nuit, c’est tout.

    Elle rentra dans la maison, la porte n’était pas fermée à clef. Il se faufila derrière elle en se cachant. Elle rentra dans une chambre. Il y avait un lit avec un corps qui semblait dormir dedans. La personne respirait bruyamment et geignait doucement.

    Elle la découvrit, et avec son marteau, tapa par trois fois un grand coup au centre de la poitrine de la personne qui dormait.

    Marcel n’avait jamais vu ce marteau.  

    Elle repartit, en silence.

    Marcel s’approcha de la personne qui était dans le lit, il reconnut la mère Denis qu’il savait bien malade. Elle ne bougeait plus, elle ne respirait plus, elle était morte !

    Le lendemain la nouvelle arriva comme la pluie annoncée par les gros nuages noirs de la veille : La mère Denis était morte… Enfin !

    Marcel comprit comment sa mère faisait pour survivre et le nourrir. C’était justement une question qu’il se posait ? Ce n’était pas avec les quelques sous qu’il avait gagnés en rentrant les pommes du père Mathieu ou les prunes de la mère Andrée. Il se demandait comment elle faisait pour assurer leur subsistance à tous les deux. Sa mère n’avait pas d’amant.

    Il repéra l’endroit où elle cachait son marteau. Dès qu’elle partit au marché, il s’empressa d’aller le voir. C’était une masse de cuivre fabriquée dans le culot de la douille d’un obus 60 ou 70 mm emmanchée en queue d’aronde d’un rond de bois serti de cuivre sculpté dans les douilles d’un canon antichar de 37mm.  Il comprit tout de suite que c’était un objet que son père avait fabriqué, quand il faisait la guerre dans les tranchées. Au fil des jours qui suivirent, il se demanda pourquoi son père avait fabriqué un objet pareil. Qu’en faisait-il ? Est-ce que sa mère s’en était servi pour lui ?

    La vie continua de cette façon pendant un an. Il la suivait à chaque fois qu’elle sortait.  Mais un jour de 1936 sa mère vint s’asseoir en face de lui à la grande table de ferme où ils mangeaient tous les jours, tous les deux.

    Elle posa le marteau sur la table.

    — Je sais depuis longtemps que tu me suis quand je sors la nuit, et que tu sais ce que je fais.

    Tout à son étonnement, il ne dit rien.

    — Oui, c’est ton père qui a fabriqué ce marteau pendant la guerre. C’est le marteau de la délivrance. Il l’utilisait aux yeux de tous sur les hommes qui étaient blessés trop gravement et pour lesquels on ne pouvait plus rien faire. C’est lui qui m’a appris à m’en servir.

    Elle laissa passer un moment, les larmes scintillaient dans ses yeux. Elle sanglota.

    — C’est lui qui m’a demandé de m’en servir pour lui.

              Elle fut prise à ce moment par une quinte de toux sévère, au point que Marcel s’inquiéta réellement de son état. Sa quinte de toux se termina par un gros crachat de sang.

    — Comme tu vois, je suis fatiguée, je ne pourrais plus faire ça longtemps.

    Après un petit silence, elle ajouta : « Physiquement et moralement » puis elle reprit :

    — À chaque fois que je sors la nuit, je suis mal dans ma peau pendant plusieurs jours. Je ne supporte plus de faire ça !

     J’ai pensé que tu pourrais me remplacer. Tu t’habillerais avec mes vêtements. C’est la nuit, personne n’y verrait rien.

    Il était resté coi, depuis le début de ce monologue de la part de sa mère qui répondait à l’avance à toutes les questions qu’il ne posait pas.

    Il sortit dehors, il s’assit sur le banc où son père aimait s’asseoir. Le soleil l’enveloppa de sa chaleur bénéfique qui rend les soucis moins durs et les nouvelles de la guerre moins graves, moins importantes. Il se laissa aller dans ce confort hérétique momentané qu’il savait imaginaire.

    Est-ce que sa mère en lui faisant cette proposition, était en train d’assurer son avenir ? Au moins pour quelques années.

    Elle vint s’asseoir à côté de lui.

    — Ton père est mort dans d’atroces souffrances. Sur la fin, il avait beaucoup maigri, il était très fatigué. Il toussait beaucoup et pouvait à peine parler. Il a eu beaucoup de mal à me demander de mettre fin à son calvaire. Alors moi, je te le demande dès maintenant, quand j’arriverai à ce stade de la tuberculose parce que c’est la tuberculose qui l’a tué, et que c’est elle qui va me tuer. Comme il disait en riant au début, la tuberculose a tuée plus d’hommes, Allemands et Français, que toutes les DCA, les fusils et les canons des deux armées.

    — J’ai acheté de la bière, en veux-tu un verre ?

    Il fit « oui » de la tête.

    Elle revint avec deux verres de bière fraîche.

    — J’ai laissé la bouteille dans le ruisseau qui descend de la montagne.

    Elle s’assit à nouveau près de lui.

    — Justement, ce soir je devais sortir.

    Les nuits sont toujours noires dans les montagnes d’Aurillac. Il fait un peu frais l’été et carrément froid pendant les autres saisons. Cette nuit, il faisait froid malgré un ciel étoilé de carte postale. Aucune pollution lumineuse.  La nuit frisonne de quelques animaux insomniaques, un buisson qui bouge, sûrement un renard, quelque part par-là, un hibou hulule, ça coasse à tout-va, sur un fond d’eau qui coule du côté de la rivière. Voilà c’est là !  C’est une maison de maître de deux étages.

     Je ne peux pas me tromper, toutes les autres portes sont fermées, pensa-t-il. La porte d’entrée s’ouvre sur un couloir, deux portes et un escalier. Les deux portes sont fermées. L’escalier grince. En haut, un autre couloir avec trois portes, il choisit la porte qui est seule sur une des deux parois. Elle s’ouvre. Ça sent mauvais. Une odeur d’excréments et d’urine. Imprévu ! Le moribond dort sur le côté. Il faut le mettre sur le dos. Il n’est pas d’accord et se met à crier, alors il prend l’oreiller et le mets sur son visage. Il appuie de toutes ses forces, au bout de quelques secondes l’homme s’arrête de crier et de râler. Ça y est, il ne bouge plus, il reste figé comme ça pendant deux bonnes minutes, juste pour être sûr.  Alors il le met sur le dos et par sécurité le frappe par trois fois avec le marteau. Elle lui avait dit : « frappe le plexus solaire, ça va l’empêcher de respirer. Après trois frappes, il ne pourra pas reprendre son souffle ».

    Il rentra à la hâte en tremblant.

    La nuit lui faisait peur.

    Il se réfugia dans son lit et ne s’endormit qu’au lever du soleil.

    Le lendemain, la nouvelle se répandit dans la matinée, Félicien, Félicien le charpentier était mort de sa belle mort dans son lit à 81 ans.

    Il n’en parla pas une seule fois avec sa mère.

    La vie continua ainsi pendant un an. La tuberculose de sa mère s’aggravait de jour en jour, jusqu’au moment où elle dû garder le lit. Elle ne mangeait plus ou à peine, comme un oiseau, elle avait beaucoup maigri. Un soir, ou elle avait beaucoup toussé, vomi, craché, il rentra dans sa chambre avec sa robe noire et son marteau de la délivrance.

    Il l’enterra dès le lendemain à l’orée de la forêt, à deux cents mètres de la maison. Il prit bien soin de remettre la terre exactement comme elle était. Il retourna chez lui nostalgique de sa présence. Personne ne sut que sa mère était morte, et la vie continua ainsi.

    C’était le début du printemps, l’air sentait bon. Le soleil, trompeur, éclatait les couleurs, surchauffait les fragrances pubères du mois d’avril, ça sentait bon le long des haies, dans les sous-bois, l’herbe d’un vert tendre ondoyait comme de la soie dans la tendresse de la caresse de la brise.

    Sa mère que tout le monde croyait vivante recevait les adresses des personnes ayant besoin de ses services dans la boite aux lettres. Il honorait les contrats à sa place. Il continuait à ramasser au pied du calvaire à l’entrée du village des paniers remplis de victuailles.

    Cela dura jusqu’en septembre 1939.

    Mais ce matin, c’est le maire en personne qui vient le voir.

    — Tiens, bonjour Marcel, ça va être une belle journée. Ta mère est là ?

    — Oui, mais je ne sais pas où elle est !

    — Bast, ce n’est pas grave, c’est toi que je viens voir.

    — Je ne t’amène pas une bonne nouvelle, voilà ton avis de mobilisation. Tu pars demain matin. Un autocar de ramassage va passer à huit heures. Soit prêt, et il lui tend sa feuille de mobilisation pour partir à la guerre.

    — Bon je verrai ta mère une autre fois. Le car te prendra sur la place du marché, ne sois pas en retard. Le car ne t’attendra pas et c’est les gendarmes qui viendront te chercher si tu le rates.

    Le lendemain, il était sur la place du marché à huit heures. Il avait mis quelques vêtements dans son baluchon, une miche de pain, un morceau de fromage et le marteau de son père.

    Huit jours plus tard, il était du côté de Charleville Mézières sur une des faiblesses de la ligne Maginot. Le secteur défensif des Ardennes.

    Tout se passa bien jusqu’en mai 1940, mais ce fut une grande débandade pendant l’offensive des Allemands de mai à juin. Les hommes tombaient par milliers. Les blessés surpeuplaient les casemates. Il y avait du sang partout, sur les murs, par terre, sur les armes, dans les véhicules, sur les vêtements de tous les hommes, sur les blessés comme sur les valides. Le moindre espace était souillé. Les râles emplissaient l’atmosphère. Pas assez de docteurs, pas assez d’infirmiers, ni d’infirmières et beaucoup trop de blessés.

    Et toute la journée, les cris des blessés étaient noyés dans le bruit des fusils, des mitrailleuses, des détonations du tir des canons, et des impacts d’obus,

    C’était une situation insupportable. Marcel, dans le plus grand des secrets, sans que personne ne lui demande rien, abrégea les souffrances de quelques soldats trop gravement blessés. Avec le marteau de son père, il ne faisait même plus attention à ne pas verser le sang des hommes qui avaient peu de chance de s’en sortir.

    Petit à petit, chaque jour, au fur et mesure des assauts perdus d’avance, face à la quantité d’hommes blessés gravement, il abrégea la vie de plus en plus d’hommes.

    Dans son village, il prenait le costume de l’Accabadora une fois de temps en temps, parfois il restait plusieurs semaines sans sortir la nuit. Mais, dans cette marmelade de moribonds diminués d’un bras, d’une jambe, blessés au ventre ou à la tête, dans les cris, comme un vent violent qui arrache les arbres et les toits des maisons, dans cette mer de larmes et de sang en tempête, il « aida » une très grande quantité d’hommes à passer de vie à trépas.

    Au point que ce qui peut paraître, à vous, à moi à l’extrémité de l’inconcevable sauvagerie était devenue pour lui d’une fastidieuse banalité.

    Au début, les visages de ces hommes venaient le hanter dans ses nuits, dans ses moments de repos. Mais il y avait tant à faire. Il aurait bien voulu arrêter et se reposer, ne plus voir ces visages en souffrance, ces yeux qui pleurent, ces bouches qui râlent et ce sang qui coule sans cesse.

    Personne ne lui avait rien demandé, mais il se sentait investi dans ce travail. Cela soulageait les médecins qui pouvaient s’occuper de cas moins graves qui avaient une vraie chance de s’en sortir.

    Il se réfugia du mieux qu’il pouvait dans l’idée que son action apportait la fin du calvaire de la blessure à ceux qui le vivaient.

    Tant et si bien, que bientôt il considéra son action comme un sacerdoce.

    Mais le démon de l’accoutumance qui accompagne toute chose, toute action, toute pensée dans ce monde, entreprit d’accaparer son cœur et son esprit.

    Au point qu’il prit consciemment du plaisir à faire tomber son marteau sur la poitrine des soldats.  Ce travail qui était pour lui une nécessité devint un besoin, à son insu. Une vibration dans tout son corps, accompagnée d’une petite sécrétion d’un liquide gras dans son slip.

    Sa mère ne lui avait jamais parlé des femmes, son père non plus. Il ne fréquentait pas l’église où il aurait pu en parler avec d’autres garçons. Il était totalement ignorant de toutes les choses du sexe.

    Le fait que l’objet de sa compassion soit dans la situation désespérée qui justifiait son intervention était passé au second ordre.

    Très fréquemment, il tuait l’homme blessé en lui bouchant le nez avec ses mains. C’était plus discret. Quelle jouissance de sentir l’homme soubresauter, sentir les ondes S-O-S de ses râles et puis sentir son dernier souffle chaud s’arrêter dans les lignes du creux de sa main.

    C’était devenu pour lui un dialogue où il était le maître de cérémonie, le grand commandeur après Dieu, qui lui procurait une sensation de puissance extraordinaire, une jouissance au sens propre du terme.

    Il était rentré dans un délire schizophrénique.

    Il était devenu addict à l’assassinat.

    Il avait perdu la réalité concrète du corps physique de l’homme.

    Il ne voyait plus que la vie et la mort.

    Deux entités qui s’expriment à travers la matière du corps humain.

    La vie, c’était la souffrance, la peur, la pénibilité.

    La mort c’était la paix, l’indifférence aux évènements, l’invulnérabilité.

    Les animaux vivaient les mêmes ambiguïtés. La souffrance dans la vie et la paix dans la mort.

     Les plantes étaient arrivées au stade ultime de la transcendance de l’être. Le stade ou la passivité, l’absence de réaction annihile l’agressivité du plus méchant.

    Le geste, de violence ou de douceur, trouve sa raison d’être dans la réaction de la cible touchée.

    Marcel ne se préoccupait plus de la gravité des blessures, il avait complètement perdu de vue sa motivation du début : abréger la souffrance de ceux qui sont perdus. Conscient qu’il était devenu un assassin, il devait faire attention à ne pas se faire prendre. Maintenant, ce qui l’intéressait le plus, c’étaient les conditions de discrétion. Dès qu’il était seul avec un autre homme, malade ou pas malade, il le tuait, soit pour faire cesser ses souffrances, soit pour son plaisir.

    Il cherchait à repérer, à toucher, à attraper l’entité de la vie quand elle quittait le corps de sa victime pour devenir l’entité de la mort.  Un ectoplasme opalescent de forme informe, entre la réalité et l’imagination. Impalpable, intouchable, presque invisible.

    Il avait même tué un infirmier qui l’avait surpris d’un coup de marteau sur le crâne. Hier, un obus est tombé tout près de lui et d’un autre soldat qui a sauté dans le trou immédiatement, selon l’adage, qu’un obus ne tombe jamais deux fois au même endroit. Il a sauté sur l’homme dans le trou, et là, dans les fumées des fumigènes, dans la discrétion du trou, dans le bruit des tirs de mitraillettes, de canons et de fusils, il l’étrangla. Il était allongé sur son dos et lui serrait le cou de ses mains puissantes.  L’homme se débattait, se cabrait, puis fut animé de spasmes, de soubresauts et finit par ne plus bouger. Cette situation, cette position, les soubresauts de l’homme qui vibrait sous lui, à travers les tissus, provoquèrent intensément son émoi. L’homme rendit son dernier soupir dans sa jouissance. Il resta un moment allongé sur lui, augmentant du plus fort qu’il put, le contact de son corps sur celui de ce soldat, isolé du monde et de ses vicissitudes, au fond de ce trou au-dessus duquel c’était la guerre !

    Il se dit qu’il serait temps qu’il connaisse les femmes. Mais à cette époque-là, il n’y avait pas de femmes dans l’armée française. En tous cas, pas sur le front !

    Parfois, il tuait un soldat qui n’avait rien, un soldat qui s’était isolé pour prendre un peu de repos. Il tentait de se déculpabiliser en pensant qu’il lui évitait l’angoisse du combat. Il tuait plus de dix hommes par jour. Au début, il les comptait et puis très vite, il avait arrêté, se perdant constamment dans ses calculs. Mais depuis l’homme dans le trou d’obus, il était de plus en plus préoccupé par les femmes.  Il se demandait : Comment c’était fait, une femme ?

     

     

    22 juin 1940

    La France capitule[1] .

    Il arriva à convaincre un infirmier de lui faire un plâtre sur le bras gauche qu’il se mit en écharpe, ce qui lui permit de ne pas partir dans les camps de prisonniers allemands et d’être démobilisé sur place. Il remonta à Paris.

    Devant la quantité importante de blessés, l’armée réquisitionna une partie des hôpitaux de Paris. Marcel fut caserné avec d’autres militaires blessés dans un dortoir de douze lits dans l’hôpital Claude-Bernard dans le 18ème arrondissement de Paris. Dès les premiers jours, Marcel se promenait dans l’hôpital, repérait ceux qui étaient très malades ainsi que les vieux, puis revenait la nuit avec son marteau d’Accabadora.

    L’hôpital se trouvait tout près du marché aux puces de la porte de Saint-Ouen autrement nommé « marché des voleurs » ou « marché des biffins ». Les biffins, si on s’en tient à la définition du mot, ce sont des chiffonniers qui revendent des objets usagés qu’ils trouvent dans les poubelles. Mais en cette période de guerre où les Français manquent de tout, il n’y a pas grand-chose dans les poubelles, alors forcément la plupart des biffins sont des voleurs d’où le nom de « marché des voleurs ».

    La plupart de ces biffins n’ont aucune existence légale. Ils n’ont pas de pièce d’identité. La carte d’identité[2] qui existe depuis 1921 n’est obligatoire que depuis cette année et n’est pas respectée à la lettre confrontée à une forte opposition. Ce n’est qu’à partir des années 70 que presque tous les Français auront une carte d’identité. Les biffins seront les derniers à avoir une carte d’identité[3] .

    Les biffins ne sont inscrits sur aucun registre. Pour faire n’importe quelle démarche administrative, il leur faut deux témoins. Les biffins sont tous alcooliques, ont des poux, des puces et des morpions. D’où le nom de « marché aux puces »

    À l’époque, il y avait beaucoup de terrains vagues, et les rues étaient très mal éclairées voire pas du tout. Il était très dangereux de sortir la nuit. Marcel sortait la nuit avec son marteau et tuait un ou deux biffins. Des coupe-jarrets plus ou moins alcoolisés qui avaient eu la mauvaise idée de l’agresser.

    Tuer des hommes debout était encore plus gratifiant que de tuer des hommes plus ou moins moribonds dans leur lit. C’était un autre plaisir, bien plus fort que de tuer des gens incapables de se défendre.  Il y avait des morts tous les jours. Des hommes sans identité, sans famille ni amis, qui après avoir été exposés dans la vitrine de la morgue, quai de la Rapée, finissaient dans la fosse commune du Père-Lachaise.

    Il était de plus en plus préoccupé par les femmes. Il voulait savoir, voir comment les femmes étaient faites à l’endroit où lui, il avait un pénis. À cette époque (1942) Marcel avait 23 ans et il était puceau. Il n’avait jamais touché une femme.  La seule femme qu’il avait aperçue presque nue était sa mère, et même quand cette dernière était morte, il l’avait enterrée tout habillée sans regarder.

    Il y avait aussi des biffins femmes, ce soir-là ! Il en chercha une, une de ces femmes qui traînent en poussant une poussette de bébé qui contient leurs vêtements et deux ou trois objets qui viennent de leur passé, des souvenirs en perdition sur la mer de leur oubli. Il en repéra une, qui errait dans une des rues adjacentes du boulevard Ney. La rue était déserte, il l’assomma d’un coup de marteau sur le crâne. Il la mit sur la poussette et roula vers un terrain vague où il avait repéré une maison démolie par les bombardements.

    Il la déshabilla à l’abri des regards dans les ruines de la maison abandonnée. C’est la première fois qu’il voyait une femme complétement nue.

    Il l’installa sur le dos. Il lui écarta les jambes pour voir la partie de cette femme qui lui était inconnue.

    Même si son imagination lui avait fabriqué, pour les seins et pour les fesses, à travers les vêtements des femmes une image très proches de la réalité, il resta subjugué par le tableau du corps de cette femme nue. Il l’ausculta, le toucha, la caressa partout. Ce que cette femme avait entre les jambes était extraordinaire.

    Cette fente de chair rouge comme les lèvres d’une bouche, au cœur de cette touffe de poils noirs provoqua son émoi et son érection et fit battre son cœur comme un tambour qui bat la charge sur un champ de bataille.

    Comment cette simple image pouvait-elle engendrer cette réaction et ce désir immarcescible ? D’une manière naturelle, il ne put s’empêcher de se caresser, des gestes qu’il n’avait jamais faits, des gestes que la nature lui soufflait, lui imposait presque.

    Il se masturba tout en tripatouillant ce sexe inerte et tout chaud qui s’offrait à lui. Il éjacula abondamment dans un sentiment de jouissance supérieur à tout ce qu’il avait connu jusqu’à ce jour. Il avait déjà bandé et éjaculé, mais sans aucune intervention de sa part.

    À chaque fois qu’il allait tuer quelqu’un, une femme ou un homme, ce n’était pas important, il était en érection dès qu’il voyait sa victime. Il commençait à éjaculer dès que la personne commençait son voyage vers l’au-delà. Au premier coup de marteau, ou dès les premiers soubresauts. Il était dans un état second, un sentiment fou qu’il n’avait jamais éprouvé. Il se disait que le cœur de l’âme et de l’esprit de l’homme était sûrement dans sa poitrine, mais le cœur du corps de l’homme est dans son sexe. Idem pour la femme.

    Cette différence qu’ils avaient entre les jambes étaient la quintessence intrinsèque de la vie. 

    Il était tellement excité, le cœur du corps de cette femme avait déclenché en lui, un désir impétueux qu’il ne put s’empêcher d’aller voir les femmes qui arpentaient le boulevard Ney devant l’hôpital Claude-Bernard dans l’espoir d’alpaguer un jeune militaire. Il trouva une jeune femme en mal de client, qui lui proposa ses charmes malgré son état visible de fébrilité. Il loua une chambre dans un hôtel du boulevard. C’était un prédateur,

    Il lui sauta carrément dessus et la pénétra immédiatement comme un forcené. Il éjacula presque immédiatement et recommença aussitôt. La jeune femme voulut lui dire que c’était terminé. Mais il la gifla violemment pour lui faire comprendre qu’elle devait rester. Il recommença avec frénésie. Elle était comme une poupée de chiffon. Il la caressait, il l’embrassait mettait ses doigts partout et parfois, fatigué, il lui faisait prendre des poses et la regardait tout en se caressant.

    Il la garda prisonnière dans cette chambre pendant une semaine pendant laquelle, il lui fit l’amour la nuit et le jour, un nombre de fois en dehors de toutes statistiques connues.

    Plusieurs fois, pendant les deux derniers jours, il se demanda s’il devait la tuer ou la laisser partir. La laisser partir équivalait à appeler la police et à se retrouver en prison.

    Il ignorait tout, des choses de l’amour.

    Pourtant il venait de vivre une expérience intense avec cette femme dont il ne connaissait même pas le prénom.

    L’aventure la plus extraordinaire qu’il puisse être donné de vivre à un couple, Une aventure hors du commun, troublante, fascinante, un homme et femme : l’agresseur et sa victime.

    Déjà au temps préhistoriques les hommes enlevaient les femmes dans les clans voisins.

    Romulus enleva les Sabines pour fonder Rome, Hadès, enleva Perséphone, Paris enleva la Belle Hélène, même si elle le suivit, mais pour Ménélas, les rois grecs et les Troyens, il s’agissait bien d’un enlèvement.  Dans les sagas nordiques, les femmes ne sont pas courtisées. Elles sont enlevées. L’histoire de la Belle et la Bête en est l’illustration la plus célèbre.

    C’est un des traits majeurs du romantisme, même en Europe, au point que la finalité de la beauté est d’être enlevée.

    Le baiser d’amour de Clark Gable et de Vivien Leigh était non consenti par cette dernière. Image emblématique devenu iconique.

    Jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale beaucoup d’histoires d’amour commençaient par le non-consentement et la contrainte pour la femme.

    D’ailleurs combien de femmes, il n’y a pas encore si longtemps où la femme faisait la connaissance de son mari la veille, voire quelques jours avant le mariage. C’était le cas de ma mère. (Mariée à mon père en 1945).

    Dès qu’un homme et une femme sont placés ensemble, par la force des choses ou sous la contrainte, il se crée des liens qui les rapprochent qui vont souvent jusqu’ à l’amour du cœur et du corps. Comme dans La Mare au diable, Le silence de la mer, par exemple.

    Depuis 1973, il existe le syndrome de Stockholm, mais pour moi, il n’y a pas de syndrome, c’est une chose naturelle Inéluctable.

    Il éprouvait pour le corps de cette femme, qu’il avait caressée, embrassée, léchée partout comme un chien, partout où c’était possible, un sentiment très fort, au-dessus de tout ce qui lui avait paru important jusqu’à ce jour.

    Elle aussi, avait été subjuguée par sa fougue peu commune, avait participé à sa folie, elle lui avait rendu ses baisers, ses caresses, s’était donnée avec passion, elle aussi, pendant une semaine, elle avait oublié qu’elle était prisonnière.

    Pendant une semaine, cet homme l’avait mise sur un piédestal, avait honoré son corps de femme, son identité de femme.

    Elle s’était bien aperçue qu’il lui amenait les meilleurs plats du restaurant où souvent elle mangeait un maigre sandwich. Il veillait à ce qu’elle ait toujours de l’eau minérale dans une bouteille en verre capsulée. Elle avait du vin aussi et du bon. 

    Pendant une semaine, elle avait été pour un homme, un bien, une richesse que l’on veut garder, protéger ; pendant une semaine, elle avait oublié qu’elle n’était qu’une pauvre pute qui couchait avec des hommes vieux, sales, malodorants, vulgaires et pouilleux, pour quelques sous, … pour manger.

    Pendant une semaine, elle avait été une autre femme. Et lui, il avait été un autre homme. Il avait oublié l’Accabadora qui distribuait, à coups de marteau, la mort sur son passage.

    Il aimait cette femme, qui pouvait l’envoyer en prison, d’un amour incompréhensible. Comme un tueur professionnel capable d’honorer un contrat où il faut tuer douze personnes et être complètement gaga envers un géranium qu’il arrose quotidiennement avec amour quand il rentre chez lui.

    Il était incapable de lui faire du mal.

    Elle dormait, confiante, devant cet homme-là, debout avec son marteau dans la main.  Il s’approcha d’elle, lui caressa la cuisse à même la peau en soulevant sa robe jusqu’au plus haut des parties de son corps qui provoquaient son érection.  Il l’embrassa sur la joue en glissant dans son soutien-gorge une liasse de billets bien plus importante que si elle avait travaillé sur le trottoir pendant un mois, et il sortit en fermant la porte tout doucement pour ne pas la réveiller.

    En refermant la porte il était parfaitement conscient que cette femme qu’il ne connaissait pas avait le pouvoir d’être son bourreau.

    Seule sa mère avait ce pouvoir de domination sur lui.

    Ce corps qui lui avait donné tant de plaisir, ce corps à l’odeur enivrante, à la chaleur accueillante ne pouvait finir sous son marteau.

    Il avait connu l’hérésie du bonheur.

    Elle, aussi, avait connu ce bonheur inaccessible dont parlent les fous.

    Le soir même, il sortit avec son marteau, il aborda une femme qui passait en poussant un landau qui contenait sa misérable vie. Il lui proposa de le suivre pour une raison sans équivoque.

    Elle refusa. Il lui mit un premier coup de marteau derrière le crâne qui lui fit perdre conscience, il la poussa dans sa cariole et la roula vers la ruine de la maison abandonnée dans le terrain vague. 

    Le corps de la femme qu’il avait laissé, avait disparue

    Là, il la viola dans son inconscience de toutes les façons possibles pendant quelques heures. Puis, repus, il lui administra les deux coups de marteau qui mirent fin à sa perte de conscience. Il rentra chez lui sans être inquiété.

    Nous sommes en 1943, il n’y a pas encore la télé, il y a la radio, le transistor n’a pas encore été inventé. On ne peut écouter la radio que dans une maison qui a l’électricité et une radio. Il y a peu de monde qui dispose de ces deux conditions.

    Il y a des commissariats qui n’ont pas le téléphone.

    Il continua sa vie de cette façon, il apprit à violer des femmes sans les tuer, en tous cas pas avant. Il préférait quand elles étaient bien vivantes. Il se promenait dans les couloirs des hôpitaux, repérait ceux qui étaient prêts pour le grand voyage.  Cette activité était redevenue dans son esprit une mission de bienfaisance comme au début. Des missions qui le mettaient en émoi après lesquelles, il violait une femme, de préférence jeune. Il se masquait, mais si par hasard, dans le feu de l’action, elles voyaient son visage, il les tuait. À cette époque de guerre, il était fréquent de trouver des cadavres dans les rues. Crimes crapuleux ou altercation avec les Allemands. Qu’importe ! La police les ramassait, pour certaines personnes hautement placées, il y avait effectivement une enquête, mais pour beaucoup, il n’y en avait aucune. Les corps étaient remisés dans les fosses communes des cimetières aux alentours.

    Après la guerre, il fallut attendre les années 60 pour que la police commence à faire de vraies enquêtes sur les corps que l’on trouvait dans les rues, les terrains vagues, dans les forêts… etc…

    Partout…

    La police ne savait plus où donner de la tête[4] , Si on ajoute à tous ces assassinats, les violences, les viols, les vols, les disparitions de femmes, d’enfants…

    La Traite des blanches qui bat son plein.

    Certains parlent même d’esclavage.

    C’était l’époque du « pas vu pas pris[5]  ».

    Marcel Bouniol mourut dans le début des années 80 de la grippe (H1N1) ou du Sida. Sans famille, il finit dans la fosse commune du cimetière de Saint-Ouen.

    Il était temps, les techniques modernes de détection et de surveillance ne lui auraient pas permis de faire tout ce qu’il a fait sans jamais être inquiété.

    Il y a peut-être eu d’autres prédateurs de ce type dans le monde, des serial killers, comme on dit maintenant. Mais Marcel fait probablement partie de la tête de ce hit-parade.

    Je ne vais pas vous dire combien d’hommes et de femmes il a tué, combien de femmes, il a violé…

    Vous ne le croiriez pas !

    2021-A6 L’accabadora-60

    Collection A6 V1

    [1]   Le 22 juin 1940 le Maréchal Pétain signa l’armistice dans la forêt de Rethondes, près de Compiègne. Au même endroit et dans le même wagon qui avait servi à signer l’Armistice du 11 novembre 1918.

    [2] La carte d’identité fut instaurée en France en 1921 mais ne fut obligatoire qu’à partir de 1942, à la demande des Allemands de façon à repérer les juifs plus facilement. Elle devait mentionner en travers, en gros et en rouge le mot « juif ». La carte d’identité ne fut généralisée complètement que dans les années 70. (À mon avis, pour cette dernière affirmation))

    [3] Dans les années 70/80

    [4] Dans les années 50 en France, il y avait plus de 500 000 décès par an pour la moitié moins en 2000 malgré l’augmentation de la population.

    [5]   L’identification par ADN, inventé dans les années 50, utilisé pour les premières fois en 1987/1988 fut vulgarisée dans les années 90.

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